{"id":376,"date":"2018-05-02T13:48:26","date_gmt":"2018-05-02T11:48:26","guid":{"rendered":"http:\/\/aux-4-coins-des-mots.fr\/?p=376"},"modified":"2026-02-22T14:55:23","modified_gmt":"2026-02-22T13:55:23","slug":"tacere-nest-pas-silere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aux-4-coins-des-mots.fr\/index.php\/2018\/05\/02\/tacere-nest-pas-silere\/","title":{"rendered":"TACERE n&rsquo;est pas SILERE"},"content":{"rendered":"<h3><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-168 aligncenter\" src=\"http:\/\/aux-4-coins-des-mots.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/hear-71330_1280-300x201.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"201\" srcset=\"https:\/\/aux-4-coins-des-mots.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/hear-71330_1280-300x201.jpg 300w, https:\/\/aux-4-coins-des-mots.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/hear-71330_1280-768x515.jpg 768w, https:\/\/aux-4-coins-des-mots.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/hear-71330_1280-1024x686.jpg 1024w, https:\/\/aux-4-coins-des-mots.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/hear-71330_1280.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\">TACERE n&rsquo;est pas SILERE<\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jean Marie <strong>TASSEL<\/strong><\/p>\n<p>Le silence. Le silence est-il un sympt\u00f4me ?<\/p>\n<p>Dans la clinique avec les enfants et notamment, avec les enfants autistes, les modalit\u00e9s du rapport au langage sont plurielles et singuli\u00e8res qui engagent chacun des praticiens \u00e0 venir interroger \u00e0 partir de la rencontre cette question du rapport au langage, du silence et de l\u2019acte. C\u2019est ce que nous avons choisi de poser en exergue de cet article sous la formule lacanienne du \u00ab <em>Tacere n&rsquo;est pas silere<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab<em> Tacere n&rsquo;est pas silere<\/em> \u00bb, et, pourtant, ces deux termes \u00ab se recouvrent \u00e0 une fronti\u00e8re obscure \u00bb nous enseigne Lacan. C\u2019est \u00e0 cette fronti\u00e8re que j\u2019essayerai d&rsquo;introduire mon propos en laissant cette question ouverte.<\/p>\n<p>Si l\u2019acte de se taire est une des modalit\u00e9s de l\u2019acte ; l&rsquo;acte de se taire ne lib\u00e8re pas le sujet du langage. Le langage est ce qui structure le \u00ab <em>sac du corps<\/em> \u00bb, comme s\u2019exprime Lacan dans \u00ab RSI \u00bb. D\u00e8s lors, le sujet reste aux prises avec cet Autre du langage sous de multiples \u00e9chos. \u00c9chos du corps, r\u00e9sonances, tensions pulsionnelles sont en lien avec l\u2019envers de l\u2019acte de \u00ab se taire \u00bb \u00e0 savoir la demande qui, lorsqu\u2019elle se tait, \u00ab la pulsion commence \u00bb. Dans \u00ab\u00a0<em>Subversion du sujet et dialectique du d\u00e9sir<\/em>\u00a0\u00bb (Lacan, Ecrits), la demande, identifi\u00e9e \u00e0 la pulsion ($ \u25c7 D), d\u00e9signe le point o\u00f9 le sujet s\u2019\u00e9vanouit. A reprendre l\u2019analyse de Lacan dans les \u00ab\u00a0<em>Remarques sur le Rapport de Daniel Lagache<\/em>\u00ab\u00a0, (\u00c9crits, Paris, 1966), faire silence, <em>silere<\/em>, tendrait \u00e0 d\u00e9signer une absence de bruit ; en revanche, <em>taceo<\/em> impliquerait qu\u2019il y ait quelque chose \u00e0 taire et donc une sorte d\u2019intention, lieu d\u2019un Dire, l\u00e0 o\u00f9 quelque chose pourrait \u00eatre dit.<\/p>\n<p>La question du silence, comme point de surdit\u00e9, permettait de faire taire la voix de l\u2019Autre dans ce qu\u2019elle peut avoir d\u2019envahissant. <a href=\"http:\/\/www.causefreudienne.net\/event\/just-your-voice-atelier-clinique-autour-des-sujets-autistes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Dans le travail propos\u00e9 par Alain REVEL<\/a>, <strong>[&lt; Lien vers la page]<\/strong> psychanalyste \u00e0 Aix-en-Provence, et notamment, \u00ab <em>pendant le temps paradisiaque d\u2019un jour de f\u00eate<\/em> \u00bb(anniversaire), Babouillec \u00ab <em>revient \u00e0 plusieurs reprises sur sa stupeur de se voir ainsi \u00e9pingl\u00e9e en deux lettres<\/em> \u00bb. Or, si \u00ab <em>un signifiant est ce qui repr\u00e9sente un sujet pour un autre signifiant<\/em> \u00bb, ne s\u2019agit-il pas ici de limiter, par un autre signifiant, le signifiant imp\u00e9ratif qui nomme (ou pers\u00e9cute) le sujet ? Ici \u00ab <em>LN<\/em> \u00bb en serait l\u2019illustration : aucun signifiant ne viendrait rompre ou repr\u00e9senter le sujet au-del\u00e0 de ce S1, au-del\u00e0 de ces deux lettres. Tel un signifiant tiers qui rendrait au sujet sa capacit\u00e9 \u00e0 faire silence.<\/p>\n<p>Le silence, celui qui s\u00e9pare de l\u2019Autre, celui qui donne le sentiment que le corps est capable de se fermer n\u2019exclut pas l\u2019effraction, sous forme de lettres qui viennent faire r\u00e9sonance, ouverture&#8230;<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence d\u2019une voix, de la voix comme objet d\u00e9tachable, cessible, ferait en sorte que le silence s\u2019\u00e9vapore. Face au silence, envahissant tout son corps, la voix serait l\u2019objet ambocepteur (substance sensibilisatrice qui servirait d&rsquo;interm\u00e9diaire), le relais qui ferait partir le silence. Au risque d\u2019y perdre le \u00ab fond \u00bb servant de bord organique \u00e0 la r\u00e9sonance. Plus d\u2019ek-sistence donc, plus de tonalit\u00e9 fondamentale (ab-gr\u00fcnd). \u00ab\u00a0<em>Ma m\u00e8re veut me faire sortir du silence, m\u2019extraire, m\u2019arracher au <\/em><em>silence<\/em>\u00ab\u00a0, nous dit Babouillec. Ici, est-il besoin de sortir l\u2019autiste du silence, moteur de la cr\u00e9ation ?<\/p>\n<p>Au m\u00eame titre, pr\u00eater une signification au bruit, au brouhaha incessant de l\u2019autre, serait insupportable du c\u00f4t\u00e9 d\u2019une nomination qui d\u00e9signerait le sujet, ici donc un refus de l\u2019identification, du signifiant qui nomme et assignerait le sujet Babouillec. Mais, par ce choix d\u2019une nomination singuli\u00e8re \u00ab Babouillec \u00bb, n\u2019est-ce pas d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 une nomination sous laquelle \u00ab\u00a0LN\u00a0\u00bb consent \u00e0 l\u2019existence ?<\/p>\n<p>Chacun sa fr\u00e9quence donc, au sens de rythme, de ponctualit\u00e9 et de r\u00e9sonance.<\/p>\n<p>Je laisse r\u00e9sonner ce que, du silence, la pulsion nous engage \u00e0 \u00e9laborer sous le titre \u00ab <strong><a href=\"http:\/\/aux-4-coins-des-mots.fr\/?p=378&amp;preview=true\"><em>\u00e9cho du corps et du silence des soignants en Institution<\/em><\/a><\/strong> \u00bb, <strong>[&lt; Lien vers l\u2019article]<\/strong> article produit par B\u00e9atrice BIASOLO-FAUQUIER, \u00e9ducatrice sp\u00e9cialis\u00e9e \u00e0 N\u00eemes et Bruno ALLAIGRE, psychanalyste, sociologue et formateur \u00e0 Valence, enseignant \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019Orthophonie de Lyon.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TACERE n&rsquo;est pas SILERE par Jean Marie TASSEL Le silence. 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